Rapport ONPV 2018: Emploi et développement économique dans les quartiers prioritaires

Le regard des français sur les quartiers sensibles en partie construit par la représentation stéréotypée des quartiers populaires à la télévision #ONPV2018

8 % des Français vivent dans un quartier qu’ils qualifient de sensible, 41 % y ont des liens indirects ou ponctuels sans y vivre et 51 % n’ont aucune expérience personnelle de quartiers « sensibles ». Pour décrire les quartiers « sensibles », les Français évoquent, majoritairement et avant tout, l’idée d’insécurité (56 %) et de difficultés sociales ou de relégation territoriale (50 %). Les attentes vis-à-vis des pouvoirs publics sont fortes pour endiguer la situation : 88 % réclament un engagement accru de l’État. Les représentations des quartiers « sensibles » varient sensiblement selon le lien de proximité avec ces quartiers et les canaux d’information mobilisés.

Les résidents des grands ensembles de banlieues populaires sont quasiment invisibles (2 %) parmi les personnes présentes à la télévision. De plus, ils apparaissent particulièrement stéréotypés, plus souvent non blancs et jeunes, ils interviennent plus souvent en personnages secondaires et moins souvent en personnages principaux ou en héros. La tonalité médiatique des quartiers prioritaires de la politique de la ville est plus positive dans la presse quotidienne régionale (PQR), principalement du fait que la PQR se distingue des autres médias par un traitement relevant moins de l’actualité des faits divers et une plus grande proximité avec le terrain. Les journalistes locaux sont en outre tenus d’entretenir des relations régulières et cordiales avec les habitants, acteurs politiques et associatifs, etc.

Thierry Llansades

Accessibilité à pied aux équipements sportifs, culturels et à l’offre de soins de proximité : une bonne couverture mais une offre peu variée #ONPV2018

    • salle de spectacle 2 fontenay sous bois pauline audras

Les habitants des quartiers prioritaires bénéficient globalement d’une meilleure accessibilité en moins de 15 minutes de marche à l’offre de soins de proximité, aux équipements sportifs et culturels, que les résidents des autres quartiers : 97,6 % habitants des QPV peuvent accéder à au moins un médecin généraliste en moins de 15 minutes de marche contre 85,8% des habitants des autres quartiers des unités urbaines englobantes, 99 % à au moins un équipement sportif structurant contre 90 % des habitants des autres quartiers, 70,8 % à au moins un équipement culturel contre 58,5 % des habitants des autres quartiers. Mais les équipements culturels et sportifs accessibles sont peu variés dans les quartiers prioritaires, et le nombre de dentistes accessibles en moins de 15 minutes de marche y est insuffisant : 10,7 en moyenne en QPV contre 16,6 dans les autres quartiers des unités urbaines englobantes. Ces résultats globaux masquent des situations contrastées selon la taille et le type des quartiers prioritaires. En outre, l’accessibilité à pied ne préjuge pas de l’accès effectif aux équipements ou aux praticiens. Les freins sont nombreux : coûts, horaires, disponibilité des praticiens, freins culturels ou d’image.

Copyright: Pauline Audras

Des moyens supplémentaires mais des résultats toujours en retrait #ONPV2018

    • photo fiches education

A la rentrée 2016, près de 40 000 enseignants travaillent dans un collège public relevant de la politique de la ville, c’est-à-dire situé au sein ou à moins de 300 mètres d’un quartier prioritaire. Les effectifs sont stables par rapport à l’année scolaire précédente. Illustration des moyens humains supplémentaires alloués à ces établissements, notamment lorsqu’ils appartiennent aux réseaux de l’éducation prioritaire, le nombre moyen d’élèves par classe y est légèrement inférieur (21,9, contre 23,8 dans les autres collèges publics). Pour autant, les enseignants de ces collèges publics sont plus souvent peu expérimentés : ils sont ainsi plus jeunes et/ou ont moins d’ancienneté que les enseignants des collèges plus éloignés des quartiers prioritaires.

Les taux de réussite scolaire au diplôme national du brevet continuent de progresser, y compris dans les collèges relevant de la politique de la ville. Pour autant, ils sont plus faibles dans ces établissements que dans ceux des autres collèges, avec des écarts plus importants dans le secteur public (6,3 points). Quelle que soit la localisation de l’établissement, les filles ont des taux de réussite supérieurs à ceux des garçons.

Deux ans après la sortie d’un collège public relevant de la politique de la ville, la scolarisation au sein d’une filière générale au lycée est moins fréquente. A l’inverse, la scolarisation dans une 1re technologique et surtout celle dans une filière professionnelle (1re professionnelle ou 2ème année de CAP) est plus répandue pour un élève ayant été scolarisé dans un collège relevant de la politique de la ville.

En 2016, les terminales habitant des quartiers prioritaires émettent moins de vœux de poursuite d’études que les autres sur la plate-forme admission post bac (APB), notamment en raison de leur surreprésentation en filières professionnelles. Pour autant, ces lycéens professionnels émettent davantage de vœux que leurs homologues des autres quartiers, notamment en BTS ou en licences universitaires. Lorsqu’ils habitent en quartiers prioritaires, les élèves de filières générales, postulent, quant à eux, près de deux fois moins à une classe préparatoires aux grandes écoles. À l’issue de la procédure normale, en raison de leurs caractéristiques individuelles (davantage de filières professionnelles et/ou un niveau scolaire plus faible), près d’un quart des lycéens des quartiers prioritaires n’obtient aucune proposition, contre 13,2 % des lycéens des autres quartiers des unités urbaines englobantes. In fine, près de 10 % des lycéens des quartiers prioritaires se retrouvent sans proposition à l’issue de la procédure complémentaire, contre 5,7 % des lycéens des autres quartiers des unités urbaines englobantes.

En 2017, 529 PRE ont accompagné environ 101 800 enfants présentant des signes de fragilité scolaire ainsi que sociale, familiale ou culturelle. Parmi ces bénéficiaires, 84 % ont fait l’objet d’un parcours entièrement personnalisé (16 % de plus qu’en 2016) d’une durée moyenne de 14 mois. Pour coordonner, préparer et mettre en œuvre leurs actions, chaque PRE mobilise en moyenne une vingtaine de professionnels (1 coordonnateur, 4 référents de parcours et 16 professionnels issus du champ éducatif, social ou sanitaire).

Copyright: Département du Val-de-Marne - Didier Adam

Cohésion sociale et vie citoyenne : des difficultés sociales toujours présentes et une participation à la vie de la cité en demi-teinte #ONPV2018

    • hackathon 074

Les quartiers Habitat Vie Sociale (HVS), une procédure fondatrice de la politique de la ville lancée en 1977, constituaient une réponse à la dégradation physique des quartiers d’habitat social, à leur paupérisation et aux difficultés d’intégration de ces quartiers à leur environnement. 40 ans plus tard, ces 103 quartiers se sont profondément transformés et conservent majoritairement une vocation d’accueil des populations les plus fragiles, même si les trajectoires sont assez variées avec 15 % des sites sortis et 50 % des sites cumulant encore des difficultés sociales et urbaines en 2017.

En 2017, les habitants des quartiers prioritaires se sont moins mobilisés pour les élections présidentielles : le taux de participation était en moyenne 10 % inférieur au reste de la commune, et varie selon la commune entre -50 % et -60 %. Toutefois, ils seraient des « électeurs comme les autres » car ils cumulent des caractéristiques socio-économiques dégradées, facteurs de moindre participation.

La pauvreté est toujours très marquée en quartiers prioritaires avec, en 2015 dans l’Hexagone, 44 % de ces habitants vivant sous le seuil de pauvreté, contre 15 % sur l’ensemble du territoire. Ce taux de pauvreté est 2,5 fois plus important en Martinique et à la Réunion (38 %) et encore davantage en quartiers prioritaires (56 %). Les familles monoparentales sont particulièrement fragilisées avec un taux de pauvreté s’élevant à 55 % dans les QPV hexagonaux et 68 % dans les QPV martiniquais et réunionnais. Les enfants vivent également souvent au sein de ménages pauvres : au sein des quartiers prioritaires, cela concerne plus de la moitié des enfants dans l’Hexagone et deux tiers des enfants en Martinique et à La Réunion.

En 2016, les habitants des QPV pratiquent à nouveau moins souvent du sport dans le cadre d’une fédération. En quartiers prioritaires comme au niveau national, les femmes sont généralement moins souvent licenciées que les hommes, en particulier en football, par ailleurs première fédération sportive en QPV, mais certaines fédérations s’approchent de la parité en QPV, comme le handball.

Ils sont cependant engagés, notamment chez les jeunes, puisque 13,7  % des volontaires en service civique sont issus des quartiers prioritaires, alors que 9,8  % des jeunes de 15 à 24 ans, représentant la population cible, y réside. 

Parmi les dispositifs subventionnés par l’Etat, le programme « Adultes-relais » participe aux missions de médiation sociale et culturelle. Ces personnes sont très majoritairement employées par des associations (77 %), dans les domaines de la vie de quartier (74 %) et de l’accès aux droits et aux services (52 %). Ils sont principalement concernés par l’accueil, l’orientation et l’information (89  %) ainsi que la mise en relation des usagers avec les institutions (69 %).

Fin 2018, 85 % des QPV sont couverts par un conseil citoyen constitué (1064 QPV ; contre 958 QPV fin 2016) ou dont les membres sont en cours de renouvellement (222 QPV). Entre 2016 et 2018, la part des conseils citoyens portés par une association créée spécifiquement est passée de 15 % à 26 %, alors que la part de ceux qui sont portés par une collectivité ou une structure paramunicipale a diminué de 30 % à 19 %. 32 % des conseils citoyens ont renouvelé au moins une partie de leurs membres habitantes et habitants depuis leur mise en place ou sont en cours de renouvellement au moment de l’enquête. Enfin, si leur représentation progresse dans l’ensemble des instances des contrats de ville (comités de pilotage, comités techniques, instances de programmation financière, groupes de travail thématiques…), en revanche leur association aux prises de décision reste encore davantage de l’ordre de l’information ou de la consultation que de la co-construction.

Copyright: Mohamed KHALFI

Mobilisation du service public : un ciblage spécifique aux habitants des QPV #ONPV2018

    • fiches spe onpv 2018

Au 2ème trimestre 2018, 780 600 demandeurs d’emplois tenus d’effectuer des recherches d’emploi (catégories ABC) habitent dans un quartier prioritaire de France métropolitaine ou de la Réunion. Parmi eux, 535 100 sont sans aucune activité (catégorie A). Leur nombre a légèrement diminué par rapport à l’année précédente alors qu’il reste stable pour les demandeurs d’emploi des autres quartiers des unités urbaines englobantes (baisse de 1,4 %, contre 0,1 %). En revanche, le nombre de demandeurs d’emploi ayant exercé une activité réduite (catégories B et C) augmente sensiblement (de 8,4 % dans les quartiers prioritaires et de 7,0 % dans les autres quartiers des unités urbaines englobantes). Les demandeurs d’emploi des quartiers prioritaires ont un profil particulier par rapport à ceux des autres quartiers des unités urbaines englobantes : ils sont globalement moins diplômés et sont moins nombreux à accéder à l’emploi dans l’année qui suit leur inscription. De fait, les demandeurs d’emploi des quartiers prioritaires profitent plus souvent d’un accompagnement renforcé de Pôle emploi. En outre, les jeunes demandeurs d’emploi des quartiers prioritaires bénéficient plus souvent de prestations de Pôle emploi relevant d’un appui social (insertion par l’activité économique, accompagnement individualisé, plan local pour l’insertion et l’emploi). Parallèlement, les jeunes des quartiers prioritaires sont davantage suivis par les missions locales : 14 % des jeunes suivis habitent dans un quartier prioritaire. Ces jeunes bénéficient globalement d’un accompagnement plus poussé en entrant notamment plus souvent en parcours contractualisé d'accompagnement vers l'emploi et l'autonomie (PACEA)ou en Garantie jeunes.

Les habitants des quartiers prioritaires sont surexposés au chômage : 13 % des demandeurs d’emploi de catégories ABC résident ainsi dans un quartier prioritaire alors que ces territoires ne concentrent que 8 % de la population totale. Aussi, différents dispositifs de retour à l’emploi ciblent spécifiquement les habitants des quartiers prioritaires comme les emplois aidés de type Contrat unique d’insertion (CUI) et emplois d’avenir (Eav). En 2017, le ciblage de ces dispositifs s’est amélioré mais le volume de bénéficiaires a fortement diminué : 38 500 recrutements, soit 14,5 % des entrées totales, concernent ainsi des habitants des quartiers prioritaires. Ces emplois aidés ont pour but de faciliter l’accès à l’emploi des bénéficiaires de ces dispositifs. Or, les sortants des contrats aidés vivant dans les quartiers prioritaires s’insèrent moins bien dans l’emploi que ceux des autres quartiers des unités urbaines englobantes : 48,5 % déclare être en emploi six mois après leur sortie du dispositif, contre 56,6 % des bénéficiaires des autres quartiers des unités urbaines englobantes. En plus de ces emplois aidés, le dispositif des emplois francs est expérimenté depuis le 1er avril 2018 dans 194 quartiers prioritaires. Par le biais d’incitations financières bénéficiant aux employeurs, il a pour objectif de lutter contre des phénomènes de discrimination à l’embauche des habitants des quartiers prioritaires et de favoriser le recrutement durable des demandeurs d’emploi de ces quartiers. Sept mois après sa mise en œuvre, 2 400 demandes d’aide financière ont été acceptées. Les bénéficiaires sont plus fréquemment âgés de moins de 26 ans et faiblement qualifiés que l’ensemble des demandeurs d’emploi de ces 194 quartiers prioritaires.

Enfin, le nombre d’établissements implantés en zones franches urbaines-territoires entrepreneurs (ZFU-TE) progresse pour atteindre 83 400 au 1er janvier 2016, contre 79 000 un an plus tôt. Sur l’ensemble de l’année 2016, 15 400 établissements se sont installés dans ces territoires, contre 15 000 en 2015. Les secteurs d’activités tels que la construction, les services médicaux et sociaux sont surreprésentés en ZFU-TE mais, probable phénomène d’uberisation, le transport et l’entreposage est en plein essor, représentant 11,0 % des implantations de l’année 2016.

Copyright: Ville de Villeneuve-la-Garenne

Mobilité et insécurité au coeur des préoccupations des habitants des QPV #ONPV2018

    • fiches cadre de vie onpv2018

La moitié des quartiers prioritaires de la politique de la ville (QPV) sont coupés par une route importante, une voie de chemin de fer ou un cours d’eau. En outre, en considérant les coupures surfaciques (surfaces d’activités, forêts, cimetières, etc.) et topographiques (distance à la mairie, pente environnante, etc.), un quart des QPV apparaît comme fortement ou très fortement soumis à des coupures physiques qui contribuent à leur enclavement. Ceux situés dans la zone centrale de l’Île-de-France et l’Outre-mer sont particulièrement concernés. Cet enclavement est susceptible d’avoir un impact sur les mobilités quotidiennes des habitants. Les résidents des QPV se déplacent moins souvent en voiture. Cependant, cet écart est principalement dû à des différences d’accès à la voiture (possession du permis et d’une voiture) et de caractéristiques des habitants (statut d’emploi, par exemple). À caractéristiques similaires, les habitants de QPV se déplacent chaque jour le même nombre de fois que ceux hors QPV, mais sur une distance et une durée moins longues.

À l’exception des cambriolages et des vols non violents, les forces de l’ordre enregistrent davantage de délinquance en QPV que dans les unités urbaines (UU) environnantes. L’écart le plus marqué concerne les trafics de stupéfiants ou leur usage (+224 % et +75 %) ainsi que les violences physiques intrafamiliales (+86 %). Le sentiment d’insécurité est ainsi deux fois plus présent en QPV que dans les autres quartiers de l’UU englobante (26 % contre 13 %). En QPV, il est particulièrement élevé pour les femmes (32 %) et en nette augmentation entre 2016 et 2018 pour les 50-59 ans (il passe de 24 % à 30 %).

Copyright: Marc Blieux

Les logements de quartiers prioritaires ont plus souvent des défauts graves #ONPV2018

    • fiches logement onpv2018

En France métropolitaine, dans 82 % des quartiers prioritaires de la politique de la ville (QPV), les prix des logements privés sont inférieurs d’au moins 10 % à ceux des autres quartiers de l’unité urbaine (UU) englobante. Cependant, les QPV sont très diversifiés selon les caractéristiques de leur parc privé : certains où le parc privé est principalement mobilisé à des fins locatives, d’autres où les prix des logements privés sont extrêmement faibles (environ 63 % de ceux de l’UU environnante) ou encore d’autres où le parc privé est prédominant mais ancien (majoritairement d’avant 1949). Au total, les QPV se distinguent par une moindre présence de logements privés.

En France métropolitaine, au sein du parc social, les logements très sociaux, c’est-à-dire financés par un prêt locatif aidé d’intégration (PLAI) ou par un prêt locatif à usage social (PLUS) datant d’avant 1977 ont des loyers médians qui varient, en QPV comme ailleurs, entre 4,9 et 5,5 €/m². Début 2017, ces logements très sociaux représentent les trois quarts des logements sociaux en QPV, contre 40 % dans les quartiers hors quartiers prioritaires (QPV) et quartiers de veille active (QVA). Les nouvelles mises en services conduisent cependant à réduire l’écart : elles sont moins souvent en PLAI en QPV (13 %) qu’hors QPV/QVA (21 %).

Dans les quartiers prioritaires de France métropolitaine, 22 % des ménages habitent un logement surpeuplé, contre 12 % hors QPV. S’ils souffrent des mêmes défauts graves de confort que les logements des autres quartiers des UU englobantes, ils sont plus souvent confrontés à une façade principale ou une installation électrique très dégradée. En QPV comme en dehors, les logements qui souffrent le plus de défauts graves de confort sont ceux du parc locatif privé, suivi par le parc locatif social ; les logements occupés par leur propriétaire en sont les plus exempts. Les ménages dépensent une plus grande part de leur revenu pour se loger en QPV : 23 % du revenu de leurs habitants y est consacré, contre 19 % pour ceux des autres quartiers de l’UU englobante.

Les QPV des Dom se distinguent de ceux de métropole par une moindre présence du parc social : 60 % à la Réunion, 55 % en Guadeloupe, 34 % en Martinique, 19 % en Guyane et 3 % à Mayotte, contre 75 % dans l’ensemble des QPV. En Guyane et à Mayotte, les maisons individuelles sont prépondérantes en et hors QPV. Ces deux départements concentrent également une part élevée d’habitations de fortune. En Martinique, en Guyane et à la Réunion, les logements des QPV souffrent plus souvent d’un défaut grave de confort : 22 % des logements de QPV cumulent au moins trois défauts graves en Martinique et 28 % en Guyane.

Copyright: manic5

L'accessibilité à pied aux équipements sportifs dans les quartiers prioritaires: une bonne couverture mais une offre peu variée #ONPV2018

    • accessibilite equipements sportifs

Malgré d’ambitieuses politiques publiques d’accès au sport pour les habitants des quartiers prioritaires de la politique de la ville (QPV), une quarantaine de quartiers prioritaires apparaissent encore comme sous-dotés en équipements sportifs structurants. Certes, l’accessibilité à pied aux équipements sportifs structurants pour les habitants des QPV est meilleure que pour ceux des autres quartiers des unités urbaines englobantes mais ce résultat global (99 % de la population métropolitaine couverte par au moins un équipement en QPV, contre 90 % ailleurs) cache des réalités locales bien moins favorables. Dans les QPV de type « centres anciens » notamment, les habitants sont plus éloignés des équipements sportifs que dans les quartiers HLM en périphérie des agglomérations, construits à une période où la pratique sportive a été encouragée par les pouvoirs publics et intégrée aux programmes d’urbanisme. De plus, si une bonne accessibilité est nécessaire à la pratique sportive, elle n’est pas suffisante pour en assurer l’accès effectif, et les licenciés de fédérations sportives sont deux fois moins nombreux dans les QPV. L’accessibilité à pied est également très variable selon le type d’équipement sportif, les piscines et les courts de tennis étant plus éloignés que les salles multisports notamment. Ainsi, rares sont les quartiers prioritaires, seulement un sur sept, dans lesquels les habitants ont accès à des équipements sportifs variés.


Le renouvellement urbain comme pilier de la politique de la ville #ONPV2018

    • 113 c g e t arles dan aucante 2018

Le programme national de rénovation urbaine (PNRU), lancé par la loi du 1er août 2003 de programmation pour la ville et la rénovation urbaine, concerne 594 quartiers pour environ 4 millions d’habitants sur la période 2003-2015. D’une enveloppe de 11,7 milliards d’euros, et s’articulant essentiellement autour de l’habitat (démolitions/reconstructions), il vise à améliorer la qualité de vie dans les quartiers qui présentent une forte concentration de ménages en difficulté sociale et économique. Les transformations opérées dans le cadre de ce programme sont aujourd’hui en cours de finalisation.

Le nouveau programme national de renouvellement urbain (NPNRU), lancé par la loi du 21 février 2014 de programmation pour la ville et la cohésion urbaine, fait suite au PNRU. Il concerne 480 quartiers (216 quartiers d’intérêt national, 264 quartiers d’intérêt régional), soit un tiers des quartiers prioritaires de la politique de la ville (QPV), pour environ 3 millions d’habitants. Une enveloppe de 10 milliards d’euros a été confiée à l’Agence nationale pour la rénovation urbaine (Anru) pour financer ce programme de 2014 à 2024. Dans le courant de l’année 2018, le rythme de signature des conventions de renouvellement urbain s’est fortement accéléré. Fin 2018, les projets de plus de 150 quartiers, pour plus de 3,4 milliards d’euros de concours financiers, ont fait l’objet d’une convention signée ou validée par le comité d’engagement.

Copyright: Dan. Aucante pour le CGET

Pas de discriminations à l’embauche des aides-soignantes qui habitent en QPV, dans un contexte d’amélioration du marché du travail #ONPV2018

    • fiches discrimination

Alors que les aides-soignantes qui résident en QPV étaient discriminées pour accéder à un poste dans la fonction publique hospitalière (FPH) ou dans le secteur privé en 2015/16, elles ne le sont plus en 2017/18. Cela traduit l’amélioration du marché du travail et la montée des difficultés de recrutement.

Les résidents en cité ou en HLM qui souhaitent louer un logement du parc privé hors QPV sont avantagés par les particuliers propriétaires. Une interprétation est que le fait de déclarer quitter un HLM ou une cité pour accéder à un logement du parc locatif privé situé en dehors d’un QPV est un marqueur de hausse du niveau de vie, donc de la capacité du futur locataire à s’acquitter de ses loyers. Ce phénomène ne s’observe pas pour les offres provenant d’agences.

Les habitants d'un QPV ont significativement moins de réponses lorsqu'ils contactent un vendeur de voitures d'occasion ou d'hébergement touristique et obtiennent des devis significativement plus élevés pour les assurances automobiles. En revanche, les contrats de complémentaire santé qui leur sont proposés sont moins chers que pour les résidents d'un quartier hors QPV.

Copyright: Rawpixel

3ème année consécutive de baisse du taux de chômage en quartiers prioritaires #ONPV2018

    • fiches emploi chomage onpv2018

En 2017, pour la 3ème année consécutive, le taux de chômage des habitants des quartiers prioritaires en âge de travailler (de 15 à 64 ans) diminue : il s’établit ainsi à 24,7 %, contre 26,7 % trois ans plus tôt. Cette baisse du chômage résulte d’une progression de la part de personnes en emploi (le taux d’emploi) qui augmente pour la première fois depuis 2014 en quartiers prioritaires pour atteindre 49,7 %, soit une augmentation de 0,6 point. Pour autant, cette amélioration de la situation de l’emploi en quartiers prioritaires ne permet toujours pas de réduire les écarts en matière d’emploi avec les autres quartiers des unités urbaines englobantes : le taux de chômage reste ainsi plus de deux fois et demie supérieur en quartiers prioritaires (24,6 %, contre 9,2 %). En outre, la baisse du taux de chômage concerne, en 2017, les habitants âgés de 30 ans ou plus, mais la situation se dégrade chez les jeunes : le taux de chômage des moins de 30 ans atteint ainsi 35,8 % (+1,5 point par rapport à 2016) et la part des NEET, les jeunes ni en emploi, ni en études, ni en formation, 29,5 % (+0,5 point).


Parallèlement à la hausse du taux d’emploi, le taux d’activité, c'est-à-dire la proportion de personnes sur le marché de l’emploi (en activité ou au chômage), progresse en quartiers prioritaires pour atteindre 58,8 % en 2017, contre 58,2 % en 2016. Pour autant, le taux d’inactifs reste élevé, particulièrement parmi les femmes : seules 50,6 % sont ainsi actives au sens du Bureau International du Travail (BIT), contre 68,6 % des femmes des autres quartiers des unités urbaines englobantes âgées de 15 à 64 ans. Parmi ces inactifs des quartiers prioritaires, plus d’un sur six souhaiterait pouvoir travailler.

Les personnes en emploi des quartiers prioritaires occupent plus souvent des postes d’employés ou d’ouvriers (72,7 %, contre 42,0 % dans les autres quartiers prioritaires) en raison, notamment, d’un niveau de formation plus faible. En quartiers prioritaires comme ailleurs, le secteur tertiaire est largement majoritaire (81,3 % des personnes en emploi, contre 82,8 % pour celles des autres quartiers des unités urbaines englobantes) avec, toutefois, une sensible surreprésentation du secteur de la construction (7,0 %, contre 4,8 %). Enfin, les salariés des quartiers prioritaires en emploi ont plus souvent des types de contrats moins pérennes que ceux des autres quartiers des unités urbaines englobantes : 24,8 % ont ainsi un CDD ou un contrat d’intérim, contre 13,3 % des salariés des autres quartiers des unités urbaines englobantes. En outre, le sous-emploi, c’est à dire la part de personnes qui souhaiteraient travailler davantage (notamment en cas de temps partiel subi), est deux fois supérieure en quartiers prioritaires (12,0 %, contre 5,7 % dans les autres quartiers des unités urbaines englobantes), même s’il diminue par rapport à 2016 (12,8 %).

Copyright:E. Haybrichts

Des conditions de logement plus dégradées dans les quartiers prioritaires #ONPV2018

    • copyright Didier Blavette

Les logements des quartiers prioritaires de la politique de la ville (QPV) sont plus souvent des logements collectifs, hormis à Mayotte et en Guyane. Trois ménages sur quatre sont locataires du parc social en QPV, contre moins de un sur cinq dans le reste des unités urbaines englobantes. Bien que les logements collectifs soient en moyenne plus grands en quartier prioritaire, les logements sont plus souvent surpeuplés, plus vétustes, et cumulent plus de défauts graves de confort que ceux des autres quartiers. Les ménages des quartiers prioritaires consacrent une part plus importante de leur revenu au logement, et ce, même si l’on tient compte des aides au logement dont ils sont plus souvent bénéficiaires : malgré un coût du logement moindre en QPV, les revenus plus faibles des habitants engendrent un taux d’effort supérieur à celui des ménages des autres quartiers. Si la part des ménages ayant emménagé récemment est semblable dans les QPV et les autres quartiers, les motifs d’installation diffèrent : les ménages ayant emménagé en QPV l’ont fait principalement pour habiter un logement assez grand et conforme à leur composition familiale, alors que les ménages des autres quartiers citent plus fréquemment la localisation du logement comme critère de choix. Une fois installés, les ménages des QPV sont souvent insatisfaits de leur quartier de résidence et souhaitent plus souvent déménager.

Copyright: Didier Blavette

Evitement de la carte scolaire en 6è: le privé attire aussi les élèves des quartiers prioritaires #ONPV2017

    • copyright julie guiches
    • copyright julie guiches

11,0 % des enfants entrant en 6è habitant dans un quartier de la politique de la ville (QPV) étudient, en 2015, dans un collège privé, contre 25,9 % des autres 6è résidant dans une unité urbaine englobante. Parmi les élèves scolarisés dans le privé au début du collège, une partie fréquentait une école publique en fin de primaire: cet évitement concerne 6,2 % des élèves des quartiers prioritaires, contre 10,2 % des élèves des autres quartiers des unités urbaines englobantes, qui quittent une école publique pour étudier l'année suivante dans un collège privé, en plus de ceux qui fréquentaient un collège privé après avoir fréquenté une école privée. L'entrée dans le secteur privé au collège varie selon les caractéristiques des élèves, quel que soit leur lieu de résidence, avec un évitement plus marqué pour les catégories les plus favorisées.

Copyright:Julie Guiches

Conférence du presse du rapport ONPV 2017

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Jean-François Cordet, Président de l'ONPV, a tenu, jeudi 20 septembre 2018, une conférence de presse de présentation des principaux enseignements du rapport ONPV 2017 remis au Ministre le 20 juillet.

Rapport ONPV 2017: la mobilité résidentielle des habitants des quartiers prioritaires

Jean-François Cordet a remis vendredi 20 juillet 2018 le rapport 2017 de l’Observatoire national de la politique de la ville.

Téléchargez le rapport ONPV 2017 complet

Consultez le rapport interactif

L’ensemble des fiches du rapport 2017 est désormais publié #ONPV2017

Les moyens financiers de la politique de la ville

L’action de l’État en faveur des habitants des quartiers prioritaires de la politique de la ville se traduit par la mobilisation de crédits budgétaires spécifiques. Il s’agit essentiellement :

  • de subventions aux collectivités locales ou aux associations qui conduisent des actions tournées vers les publics prioritaires ;
  • de mesures fiscales visant à soutenir les acteurs économiques et sociaux qui interviennent au bénéfice des habitants des quartiers ;
  • de dotations directes aux collectivités locales concernées par la géographie prioritaire de la politique de la ville ;
  • de la recherche constante d’un meilleur ciblage des politiques publiques de l’État vers les publics prioritaires de la politique de la ville.

Cette palette d’interventions est complétée par les actions de l’Agence nationale pour la rénovation urbaine (Anru) qui gère le programme national de rénovation urbaine (PNRU) et le nouveau programme national de renouvellement urbain (NPNRU). Ainsi, chaque année, 900 millions à 1 milliard d’euros sont investis dans la rénovation des quartiers afin d’améliorer les logements et le cadre de vie de leurs habitants.

Vous pouvez la consulter l'annexe portant sur les moyens financiers ici.

Publication de 3 fiches sur la co-construction de la politique de la ville #ONPV2017

Conseils citoyens : une dynamique existante, mais à conforter

La participation des habitants, des associations et des acteurs économiques dans l’élaboration, le pilotage et la mise en œuvre des contrats de ville est un principe réaffirmé par la loi du 21 février 2014. En application, la mise en place de conseils citoyens sur l’ensemble des quartiers prioritaires a pour objectif de créer un espace favorisant cette co-construction locale de la politique de la ville.

Au premier trimestre 2017, plus de 85 % des 1514 quartiers prioritaires sont couverts par au moins 1 157 conseils citoyens, arrêtés par les préfets ou sur le point de l’être. Toutefois, cette dynamique est hétérogène : les modalités et niveaux d’implication des conseils citoyens dans le pilotage et la mise en œuvre des contrats de ville varient selon leurs trois piliers (cohésion sociale, cadre de vie et renouvellement urbain, développement économique et emploi), leurs relations aux pouvoirs publics, leur structuration ou leur maturité.

 

 

 

 

 

 

 

CC Commission nationale du débat public (CNDP)

Globalement, la capacité d’autonomie des conseils citoyens s’acquiert dans le temps et nécessite d’être accompagnée. Dans l’élaboration de ces espaces de co-construction, les associations siégeant dans les conseils citoyens jouent un rôle décisif d’interface entre pouvoirs publics et habitants, favorisant une dynamique collective.

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Pour en savoir plus : consultez la synthèse de la co-évaluation nationale des conseils citoyens.

Publication de 8 fiches sur la cohésion sociale #ONPV2017

Les habitants des quartiers prioritaires sont davantage touchés par des fragilités sociales.

La population résidant dans les quartiers prioritaires de la politique de la ville est jeune, avec un habitant sur quatre âgé de moins de 15 ans et un sur six de plus de 60 ans. Pour autant, elle vieillit : la part des 60 ans et plus est passée de 11,9 % en 1990 (parmi les habitants des ex-Zus) à 15,5 % en 2010 (parmi les habitants des QPV). De plus, la population de ces quartiers n’est pas à l’abri des situations de handicap et de perte autonomie puisque 10 % de la population des quartiers prioritaires déclarent bénéficier d’une reconnaissance administrative du handicap, contre 6,2 % au sein des unités urbaines englobant les QPV.

En termes de prévention et d’accès aux soins de santé mentale, les conseils locaux de santé mentale (CLSM) se déploient majoritairement sur les territoires concernés par la politique de la ville. Si seulement 28 % des contrats de ville sont couverts par un CLSM, ces territoires concentrent 48 % de la population des quartiers prioritaires.

La pauvreté est très marquée dans les QPV, avec un taux de pauvreté trois fois plus important (42,6 % en quartiers prioritaires, contre 14,5 % en France métropolitaine) et des bénéficiaires du RSA deux fois plus nombreux (27,1 %, contre 13,6 %). Si la population pauvre n’est pas localisée uniquement au sein de ces quartiers, 76 % de la population pauvre vit dans une intercommunalité comprenant au moins un quartier prioritaire. Les quartiers prioritaires abritent, par ailleurs, 23 % de la population pauvre pour 8 % de l’ensemble de la population.

Les habitants des quartiers prioritaires pratiquent moins souvent un sport dans le cadre d’une fédération : 4% des licenciés sportifs résident en quartiers prioritaires, soit une part deux fois plus faible que celle de la population.

Ils sont cependant engagés, notamment chez les jeunes, puisque 13,3 % des volontaires en service civique sont issus des quartiers prioritaires, alors que 9,8 % des jeunes de 15 à 24 ans, représentant la population cible, est issue des QPV.

L’Etat apporte un soutien important aux associations via le financement de 5 600 postes Fonjep, qui concernent majoritairement des femmes avec un niveau de formation supérieur au Bac. Ces postes viennent, principalement, soutenir de petites associations d’éducation populaire ou de jeunesse dans leurs projets associatifs.

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Publication de 10 fiches sur le développement de l’activité économique et de l’emploi #ONPV2017

En 2016, le chômage diminue également en quartiers prioritaires

En 2016, le taux de chômage des habitants des quartiers prioritaires s’établit à 25,3 %, contre 26,4 % un an plus tôt. Cette baisse du chômage concerne principalement les hommes et les plus diplômés. Parmi les jeunes, la diminution annuelle du chômage est la conséquence d’une augmentation du nombre de personnes en études ou formation (35,2 % des moins de 30 ans). Pour autant, les jeunes qui ne sont ni en emploi, ni en études, ni en formation représentent toujours en 2016 29 % des 15 à 29 ans des quartiers prioritaires, soit un taux deux fois et demi supérieur à celui des autres quartiers des unités urbaines englobantes (12,7 %). Les personnes en emploi des quartiers prioritaires sont plus souvent employés ou ouvriers (dans 71 % des cas, contre 42 % dans les autres quartiers des unités urbaines englobantes) et exercent moins souvent un emploi en contrat à durée indéterminée (75 %, contre 86 %).

En 2016, 58 400 habitants des quartiers prioritaires avaient signé un contrat aidé (dans le secteur marchand ou non marchand) ou un emploi d’avenir, soit 14,1 % de l’ensemble des nouveaux entrants. Pour autant, en 2016 seuls 42 % des bénéficiaires de contrats aidés sont en emploi six mois après leur sortie du dispositif, soit un taux d’insertion dans l’emploi plus faible que celui des bénéficiaires des autres quartiers des unités englobantes (52 %).

 

Parallèlement à la baisse du chômage, au 3e trimestre 2017, le nombre de demandeurs d’emploi de catégorie A inscrits à Pôle emploi (les demandeurs tenus d’effectuer des recherches d’emploi et sans aucune activité) et résidant en quartiers prioritaires diminue de 6 300 personnes par rapport à l’année précédente. Les demandeurs des quartiers prioritaires sont globalement moins diplômés que ceux du reste du territoire et moins d’un sur deux accède à l’emploi dans l’année qui suit son inscription à Pôle emploi (42 %, contre 52 % des demandeurs des autres quartiers des unités englobantes). Compte tenu de leurs difficultés plus importantes d’insertion professionnelle, les demandeurs d’emploi des quartiers prioritaires bénéficient relativement plus souvent d’un accompagnement renforcé de Pôle emploi (24 %, contre 18 % des demandeurs d’emploi des autres quartiers des unités urbaines englobantes).

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L’ONPV publie 5 fiches sur le cadre de vie #ONPV2017

Les conditions de vie des quartiers prioritaires sont perçues par les habitants comme étant moins satisfaisantes que lorsque l’on habite hors de ces quartiers. Leur état de santé, la qualité de l’habitat, le niveau de chômage les préoccupe plus encore que la moyenne des français. Le taux de pauvreté, trois fois plus élevé que la moyenne métropolitaine, leur impose régulièrement des restrictions budgétaires.

Ce sentiment de plus grande dégradation des conditions de vie est renforcé par leur perception de l’insécurité, l’intensité de la délinquance enregistrée étant en moyenne plus élevée en QPV que sur le territoire métropolitain, et singulièrement plus forte pour les infractions à la législation sur les stupéfiants, les violences et les dégradations, même si les cambriolages y sont moins fréquents.

En ce qui concerne l’habitat, les logements sociaux en quartier prioritaire sont plus anciens que le reste du parc social. Le taux de rotation est légèrement plus faible en quartier prioritaire. Les locataires ont tendance à y rester plus longtemps. Ce phénomène est dû à la concentration des logements sociaux des quartiers prioritaires dans les très grandes unités urbaines, où la mobilité est faible à cause de la tension du marché du logement.

C’est dans ces mêmes grandes unités urbaines, composées de grandes communes, qu’est situé l’essentiel des grandes bibliothèques proches d’un quartier prioritaire. Pour leurs déplacements, les habitants de ces quartiers utilisent moins fréquemment la voiture que les habitants des autres quartiers, car ils sont moins souvent motorisés.

Plus généralement, les habitants des QPV sont moins mobiles que les autres.

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Publication de 7 fiches sur le renouvellement urbain #ONPV2017

Le renouvellement urbain comme pilier de la politique de la ville

Le programme national de rénovation urbaine (PNRU), lancé par la loi du 1er août 2003 de programmation pour la ville et la rénovation urbaine, concerne 594 quartiers pour environ 4 millions d’habitants sur la période 2003-2015. D’une enveloppe de 11,7 milliards d’euros, et s’articulant essentiellement autour de l’habitat (démolitions/reconstructions), il vise à transformer les quartiers qui présentent une forte concentration de ménages en difficulté sociale et économique. Aujourd’hui en voie d’achèvement, les transformations opérées dans le cadre de ce programme sont globalement bien perçues par les habitants des quartiers en rénovation urbaine. Cela se traduit par une amélioration de la satisfaction de vivre dans ces quartiers depuis une dizaine d’années.

Le nouveau programme national de renouvellement urbain (NPNRU), lancé par la loi du 21 février 2014 de programmation pour la ville et la cohésion urbaine, fait suite au PNRU. Il concerne 480 quartiers (216 quartiers d’intérêt national, 264 quartiers d’intérêt régional), soit un tiers des quartiers prioritaires de la politique de la ville (QPV), pour environ 3 millions d’habitants. Une enveloppe de 10 milliards d’euros a été confiée à l’Agence nationale pour la rénovation urbaine (Anru) pour financer ce programme de 2014 à 2024.

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L’Observatoire national de la politique de la ville publie sept fiches consacrées à l’éducation #ONPV2017

Moins de lycéens et d’étudiants en classes prépa qu’ailleurs


Alors que les quartiers prioritaires sont des territoires plus « jeunes » que la moyenne nationale, les élèves issus de ces quartiers sont sous-représentés au fur et à mesure que le niveau d’études augmente.

Les jeunes issus des QP représentent ainsi 8,9% des collégiens, 7,2% des élèves de terminale et seulement 3,2% des élèves de classes préparatoires aux grandes écoles. Leurs résultats scolaires globalement plus faibles, concomitants à une orientation plus fréquente vers une filière professionnelle courte participent à cette sous-représentation progressive des élèves des quartiers prioritaires à partir du lycée.

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Publications

Rapport 2016

Le rapport 2016 de l’Observatoire national de la politique de la ville (ONPV) est le premier rendu dans le format de la nouvelle politique de la ville. 

Ce rapport, publié le 6 avril 2017, se veut fidèle à la dynamique dictée par les grandes orientations de l’ONPV, visant à présenter davantage de travaux évaluatifs tout en continuant à mettre à jour les données concernant les quartiers de la politique de la ville et leurs habitants, de même qu’à rendre compte des principales politiques mises en œuvre dans ces quartiers.
Il s’articule donc en deux parties.
 
La première partie est un recueil de trois études approfondies, en écho à la loi de programmation de 2014 et porte sur une connaissance approfondie de la nouvelle géographie de la politique de la ville, sur l’évaluation du programme national de rénovation urbaine (PNRU) et sur l’évaluation de la participation des habitants via les conseils citoyens.
 
La seconde partie rassemble des fiches synthétiques sur chacun des trois piliers de la politique de la ville, ainsi que sur les moyens financiers qui y sont afférents.
 

Publications précédentes

Rapport 2015

RAPPORT ONZUS